Travailler sur soi devrait être un dernier recours
Et si le problème n'était pas ta confiance, ton estime ou tes blessures, mais une compétence que tu n'as jamais appris à développer ?
Tu cherches ce qui cloche chez toi. Tes parents, ton éducation, ton manque de confiance, tes peurs, tes croyances. Et si, la plupart du temps, tu creusais au mauvais endroit ?
Tu cherches à l’intérieur
La plupart des gens cherchent la solution à leurs problèmes à l’intérieur d’eux. Les parents, l’éducation, l’estime de soi, le manque de confiance, les peurs, les doutes, les croyances.
Et c’est vrai : on a tous des trucs émotionnels qui nous bloquent. C’est important de les regarder, d’apprendre à se connaître, d’accepter ce qu’on est. Ton passé, tes apprentissages, tes blessures pèsent sur ton quotidien, personne ne dit le contraire.
Mais à force de ne chercher que là, dans l’émotionnel, tu t’engages sur un chemin qui ne demande jamais de progresser. Un chemin sans apprentissage, sans compétence à développer, sans le temps lent du progrès.
Et voilà ce que j’ai vu, encore et encore, dans mes accompagnements : la plupart des problèmes sont des problèmes de compétence, bien avant d’être des problèmes émotionnels.
Le manque de confiance en toi ? Un problème de compétence. Personne ne manque de confiance dans un domaine qu’il connaît et maîtrise.
Le manque d’estime ? Un problème de compétence aussi. Mieux te connaître, oser être toi, encaisser la critique et la comparaison, comprendre à quoi servent tes peurs, ça s’apprend. Parfois plus vite qu’en essayant de démêler tes traumas.
Je vois tellement de gens dire « ça, c’est pas mon truc », « j’y arrive pas », « je sais pas faire », « j’ai peur », « je suis pas sûr ».
Je réponds toujours la même chose : « Tu as appris à le faire ? »
Et étrangement, la réponse est presque toujours non.
Change la question
Avant de chercher ce qui ne va pas chez toi, cherche ce qui te manque comme compétence.
Progresser, ça se fait dans cet ordre :
Quelles compétences je dois développer pour atteindre mon objectif ?
Comment les développer efficacement ?
Si, après avoir pratiqué, pratiqué et encore pratiqué, ça coince toujours, alors, seulement là, on regarde les blocages émotionnels.
Trop de gens, surtout dans les milieux du bien-être, commencent par la fin : l’émotionnel. Et c’est un piège. Le travail sur soi à l’excès peut renforcer exactement ce qu’il prétend soigner : le sentiment de ne pas être à la hauteur, et l’impuissance apprise.
Parce qu’un objectif ne s’atteint que si les compétences pour y arriver ont été développées. Le hic, c’est que peu de gens savent ce que « développer une compétence » veut dire. On confond information, savoir et compétence. Et aucune compétence ne vient sans pratique.
Mange l’éléphant
La compétence que je transmets avant toutes les autres, la fondation de toutes les autres : réduire les variables.
Sa petite sœur tient dans une blague : « Comment on mange un éléphant ? Une bouchée à la fois. »
Un exemple récent. Quelqu’un me dit : « Je veux me mettre à l’écriture et oser publier en public. » Avant de résoudre quoi que ce soit, je cherche ce qui manque. Et là, il manque l’essentiel : le pourquoi.
Parce que « écrire », c’est gigantesque. Écrire pour ton activité, un roman, un scénario, des notes, un livre, un simple post… des centaines de compétences se cachent derrière le mot. Tel quel, ça fait peur, et la peur bloque.
Alors on réduit. Derrière « je veux écrire et oser publier pour me faire connaître », il y a en réalité cinq compétences distinctes : écrire, oser publier, Internet, développer son activité, se faire connaître. Vouloir les cinq d’un coup, c’est activer le sentiment d’incompétence, et c’est ça qui bloque.
La bonne nouvelle : elles sont reliées. Développe l’une, tu améliores les autres. Tu écris mieux → tu exprimes mieux tes idées → tu donnes plus envie → ton activité avance. Ça marche dans tous les sens.
Développer une compétence, concrètement, c’est une boucle :
Identifier la compétence.
Focaliser : pas toute la compétence d’un coup, une sous-compétence, un premier pas.
Apprendre : t’entourer de gens qui savent déjà (livres, cours, mentors).
Pratiquer : régulièrement, même quand c’est moche. À ce stade, tu ne publies pas encore.
Tester : demander des retours honnêtes. La position de l’apprenant, pas du sachant.
Persévérer : recommencer la boucle, malgré les doutes qui font partie du jeu.
Un truc simple pour repérer tes compétences : chaque mot de ta phrase est une compétence. « Oser partager en public » → oser, partager, public. Trois compétences, trois questions. C’est là, éventuellement, que tu retrouveras de l’émotionnel à travailler (dans « oser »), mais souvent, en développant l’écriture dans un cadre sécurisé, le « oser » vient tout seul.
La vraie question
Tout mon message tient en une phrase : change les questions que tu te poses au départ. C’est de là que naissent les problèmes. Et les solutions.
Celle-ci te tue : « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Celle-là te met en mouvement : « Quelles compétences je dois développer pour y arriver ? »
Je te laisse avec une phrase qu’une amie m’a partagée, et qui a toute sa place ici :
Les choses difficiles ne deviennent jamais plus faciles. On devient juste meilleur.
Si ce regard te parle, abonne-toi à L’Entre-Deux, je décode ces mécanismes, sans méthode toute faite ni bien-être en toc.

