La confiance est un leurre
« Je n'ai pas confiance en moi. » Tu l'as tellement répété que c'est devenu ton nom. Et si, surtout, c'était une façon de rester tranquille ?
« Je manque de confiance en moi. » On le dit tellement que ça finit par coller à la peau, comme une identité. Comme une excuse bien pratique, aussi. Et le jour où l’ancien toi se fissure, où tes vieux repères lâchent, la phrase revient en boucle. Sauf qu’elle parle d’autre chose que ce que tu crois.
Ce n’est pas la confiance qui te manque, c’est la certitude
Quand tu dis « je manque de confiance », tu dis une autre phrase : « je veux être sûr de ce qui va arriver. » Sûr que ça va marcher. « J’ose pas », c’est la version polie de « je suis pas sûr ».
Ce serait reposant, remarque. Savoir d’avance que ça marche, ça t’épargne l’effort, le travail, la critique, le regard des autres.
Mais regarde ce que tu fais de la certitude quand tu l’as. Elle t’ennuie. Le couple qui ronronne, le boulot qui tourne, les dimanches qui se ressemblent. Tout ce qui te lasse dans ta vie, c’est de la certitude. Elle te vole le seul truc dont tu as besoin pour te sentir vivant : être surpris.
Alors tu en fais un refuge. Tu t’y enfermes pour fuir le nouveau, le changement, la question qui gratte. Un peu d’ego, un peu de flemme, beaucoup de trouille de te confronter.
Et c’est là que l’entre-deux te cueille. L’entre-deux, c’est le moment où tes certitudes s’effondrent. Tu appelles ça « perdre confiance ». Tu perds tes repères, pas ta valeur.
Change l’étiquette
Un truc, tout de suite. Le doute que tu traînes, arrête de l’appeler « doute ». Appelle-le surprise. Mystère. Suspens.
Ça sent la pirouette. C’en est pas une. L’étiquette que tu colles sur une émotion décide de ce que tu en fais. Le même trou au ventre devient une menace, ou le début de quelque chose.
La vraie confiance ne brille pas, elle se cabosse
L’autre moitié de l’histoire : la confiance ne tombe pas du ciel. Elle obéit à une formule presque bête.
Volume × Temps × Compétence.
« J’ai confiance » veut dire une chose : j’ai fait ce truc tellement de fois, pendant tellement longtemps, que je m’en suis lassé. Personne ne doute dans un domaine qu’il maîtrise.
Alors quand on me dit « je suis nul en écriture, j’ose pas », je pose une seule question : tu y as passé combien d’heures, avant d’en faire une vérité qui t’arrête ? En face, un silence.
La vraie confiance ne brille pas. Elle se cabosse. Ce n’est pas l’assurance du type qui n’a jamais douté. C’est le calme de celui qui a raté cent fois et qui revient quand même.
Il te manque de la certitude, pas de la valeur
Si tu traverses un de ces moments où plus rien ne te paraît sûr, arrête de te dire que tu manques de confiance. Il te manque de la certitude. Et ça, c’est presque une bonne nouvelle : la certitude, au fond, tu n’en veux pas.
Si ce regard te parle, abonne-toi à L’Entre-Deux.

